[accessibilite-numerique] Pour un web non-discriminant
Alain Bregy
vdn at agat.net
Ven 8 Sep 03:29:46 EST 2006
Bonjour
Le sujet en cours sur la définition du handicap et sa dissociation avec
les questions d'interopérabilité entre outils technologiques me paraît
légèrement en décalage avec le travail que l'on mène pour rendre le web
plus accessible. De mon point de vue, la question globale de
l'information numérique, au-delà de son accessibilité par un public
qualifié de handicapé, concerne principalement 3 acteurs. En premier
lieu il y a un *contenu*, c'est-à-dire un ensemble d'informations plus
ou moins ordonnées et cohérentes entre elles (page/site web) ; en
deuxième lieu il y a le couple *utilisateur-outil de restitution*,
chacun des deux pouvant éprouver des difficultés spécifiques à
comprendre et reconnaître le contenu, l'un pour des raisons
technologiques, l'autre pour des raisons physiques, sociales, mentales,
etc. En troisième lieu il y a quelqu'un qui a en charge de prendre ce
contenu (dont il n'est pas auteur) et de l'organiser et le structurer de
telle façon que son destinataire *global* (utilisateur + outil) puisse
le récupérer de la façon la plus complète possible.
Construire un web non-discriminant, c'est organiser et structurer
informatiquement le contenu de manière à permettre d'une part à l'outil
de restitution (présent ou à venir : écran d'ordi, PDA, tablette
braille, lecteur vocal, imprimante, TV, smartphone, etc. : voir la
notion de robustesse introduite par les Wcag) de ne pas altérer le
contenu en le restituant intégralement (même si c'est de façon plus ou
moins dégradée, notamment graphiquement) et de l'autre à l'utilisateur
d'être à même de pouvoir en prendre intégralement connaissance.
Ne connaissant pas a priori la relation existant entre l'utilisateur et
l'outil de restitution dont il dispose (le premier sait-il ou peut-il se
servir de l'autre de façon optimisée, qu'est-ce qui dans cette relation
relève de choix et qu'est-ce qui relève de contraintes, lequel des deux
est le plus fragile, etc.) nous sommes obligés d'appréhender ce
destinataire final comme *indissociable*. A partir de là, un web
non-discriminant (dont l'accessibilité n'est qu'une facette et
l'interopérabilité une autre) consiste à structurer *globalement* le
contenu à l'aide de langages plus ou moins appropriés, indépendamment de
l'utilisateur, indépendamment de l'outil, et indépendamment de leurs
différents problèmes respectifs possibles.
Plutôt que de handicaps humains et/ou d'incompatibilités technologiques
(choses que l'on peut lister et probablement traiter une par une,
effectivement) il semble préférable d'envisager la question de
l'accessibilité sous l'angle de la *non-discrimination* ; on doit tendre
à assurer l'accès au contenu dans son intégralité : il ne devrait pas y
avoir de différence entre accéder à internet et accéder aux contenus
dont il est fait.
Qu'ensuite ces contenus puissent être exploités ou pas par l'utilisateur
(prob de capacités cognitives, de langues, etc.) est un autre débat.
Tenter de définir ce qu'est le handicap risque de mener à mélanger des
données (facultés motrices et facultés cognitives par exemple) qui, ne
relevant pas du même acteur en terme de pratiques, de méthodes et de
responsabilités (par ex par obligation de moyens mis en oeuvre), ne
relèvent pas du tout du même registre. On risque là d'arriver assez vite
à un constat d'impuissance qui serait dommageable. Il me semble
préférable de parler de *non-discrimination numérique* sans chercher à
séparer, dans le couple destinataire final, ce qui est destiné à l'un ou
à l'autre.
Quels sont vos avis ?
AB
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